Utilisation des codes AFCEN dans le monde

Les codes de l’AFCEN sont utilisés comme référence pour des équipements nucléaires de plus d’une centaine de centrales, en fonctionnement (94), en cours de construction (19) ou en projet (13) dans le monde.

Dès 1980, les codes AFCEN ont servi de base à la conception et à la fabrication de certains composants mécaniques de niveau 1 (cuve, internes, générateur de vapeur, groupe motopompe primaire, pressuriseur, tuyauteries primaires) et de niveau 2 et 3, et de matériels électriques pour les 16 dernières tranches du parc nucléaire français (P’4 et N4), et à la réalisation des ouvrages nucléaires de génie civil en Afrique du Sud (Koeberg), en Corée du Sud (Ulchin). Ces réacteurs constituent de fait les premières applications des codes AFCEN. Les codes seront ensuite utilisés pour la conception, la construction et l’exploitation des centrales de Daya Bay et Ling Ao en Chine.

Le tableau ci-après synthétise l’utilisation des différents codes AFCEN dans le monde aux différentes phases de projet, de conception, de construction ou d’exploitation des réacteurs concernés.

P : en projet / C : en construction / E : en exploitation

Au-delà de ces applications formelles et compte tenu de leur réputation, les codes AFCEN ont également servi en France dans la conception de nombreux autres matériels et installations nucléaires de recherche, sans en être des références officielles.

On peut citer par exemple :

  • la conception de certains matériels mécaniques et de certaines parties d’ouvrages de génie civil d’installations nucléaires de recherche : Institut Laue-Langevin, Laser Méga Joule, European Synchrotron Radiation Facility, European Spallation Source (ESS, en construction, Suède), Multi-purpose hYbrid Research Reactor for High-tech Applications (MYRRHA, en projet, Belgique).
  • la conception de chaudières nucléaires pour la propulsion navale.

France

Parc nucléaire

L’utilisation des codes AFCEN pour le parc nucléaire français s’est faite progressivement sur le palier 1300 MWe à partir de Cattenom 2 (1ère cuve fabriquée avec le RCC-M) et de Flamanville 2 (1er générateur de vapeur et 1er pressuriseur fabriqués avec le RCC-M).

En exploitation, les codes RCC-M, RSE-M, RCC-E et RCC-C sont d’application sur l’ensemble du parc nucléaire français.

EPR

Les codes AFCEN sont la référence pour la certification du réacteur EPR en France (projet Flamanville 3). Les codes RCC-M (édition 2007 + modificatifs 2008), RSE-M (édition 2010), RCC-E (édition 2005) et RCC-C (édition 2005 + modificatifs 2011) sont utilisés. Pour les règles de protection contre l’incendie, le projet se base sur des dispositions propres à EDF et à l’EPR (ETC-F révision G de 2006), qui ont fait l’objet d’une intégration ultérieure aux collections de l’AFCEN (ETC-F, Edition 2010). Pour les règles de construction du génie civil, le projet se base sur des dispositions propres à EDF et à l’EPR (ETC-C révision B de 2006), qui ont été intégré ultérieurement aux collections de l’AFCEN (ETC-C, Edition 2010).

RJH

Pour le Réacteur expérimental Jules Horowitz (RJH), en construction sur le site de Cadarache, le projet a choisi le code RCC-Mx (prédécesseur du RCC-MRx) pour la conception et la réalisation des composants mécaniques qui entrent dans le domaine d’application du code à savoir :

  • les matériels mécaniques ayant une fonction d’étanchéité, de cloisonnement, de maintien ou de supportage,
  • les matériels mécaniques qui peuvent contenir ou permettre le transit de fluides (cuves, réservoirs, pompes, échangeurs, …) ainsi que leurs supports.

Pour les dispositifs expérimentaux, l’application du code RCC-Mx est recommandée mais n’est pas requise.

ITER

Pour ITER, le code RCC-MR version 2007 sert de référence pour la chambre à vide et pour les tuyauteries des couvertures. Le choix de ce code pour la chambre à vide a été motivé à la fois par des raisons techniques (les matériaux et la technologie choisis sont couverts par le code) et réglementaires (le code est adapté à la réglementation française). L’utilisation du RCC-MRx [Edition 2015] est également envisagée.

AUTRE UTILISATION DES CODES AFCEN

Chaudières nucléaires de propulsion navale en France

La construction des équipements des chaudières nucléaires de propulsion navale, de responsabilité DCNS (il s’agit globalement des équipements principaux des circuits primaires et secondaires) s’appuie sur un référentiel technique spécifique qui renvoie au code RCC-M pour ce qui concerne la conception. L’industrialisation et la fabrication se conforment à des règles internes, techniquement très proches de celles du code RCC-M.

Cette organisation particulière est liée à l’histoire de la propulsion nucléaire : les savoir-faire de cette industrie ont été très tôt codifiés dans des instructions et procédures, s’enrichissant progressivement du retour d’expérience et de la normalisation externe. En particulier, dès la parution du code RCC-M, DCNS s’est attachée à s’assurer de la cohérence de ses règles avec celles du code, et à la cohérence d’ensemble conception/fabrication, tout en préservant certaines particularités liées aux spécificités des équipements de propulsion navale (dimensions, difficultés d’accessibilité et démontabilité, exigences de tenue des équipements aux sollicitations “à caractère militaire”, exigences de radioprotection du fait de la proximité permanente de l’équipage,...).

Chine

En Chine, les codes AFCEN sont largement appliqués pour la conception, la construction et pour l’inspection avant/en service des centrales nucléaires chinoises de la génération 2+ (issue de l’évolution de la technologie M310 introduite par la France) et de la génération 3 (notamment les tranches EPR).

Le choix de l’utilisation des codes AFCEN sur les projets nucléaires de la génération 2+ en Chine est lui-même prescrit via une décision de l’Autorité de Sûreté Nucléaire chinoise (la NNSA : National Nuclear Safety Authority) en 2007 (décision NNSA N° 28).

A la fin 2017, 44 des 57 tranches en exploitation ou en construction en Chine s’appuient sur les codes AFCEN, dont 32 en service et 12 en construction. Elles correspondent aux projets M310, CPR1000 & ACPR1000, HPR1000, CPR 600 et EPR en bleu dans le tableau ci-après.

Au cours de l’année 2017 :

  • 3 réacteurs, dont 2 conçus sur la base des codes AFCEN (Yangjiang 4 et Fuqing 4), ont été mis en exploitation,
  • 1 nouveau projet de construction a été lancé : Xiapu CFR-600MWe (China Fast Reactor).

Liste des réacteurs en construction ou en exploitation en Chine

Inde

PFBR et FBR

Pour le réacteur indien PFBR (Prototype Fast Breeder Reactor), le code RCC-MR dans son édition 2002 est utilisé pour la conception et la fabrication des composants majeurs. L’édition 2007 de ce même code est prise pour référence pour les projets FBR 1 et 2. Le retour d’expérience de la construction du PFBR est pris en compte dans le code RCC-MRx qui a succédé au code RCC-MR.

Réacteur indien PFBR

EPR

Les discussions entre EDF et NPCIL (Nuclear Power Corporation of India) pour la fourniture de 6 réacteurs EPR ont repris en 2017. Les codes AFCEN sont la référence de la technologie fournie à NPCIL.

Royaume-Uni

L’ambition de l’AFCEN au Royaume Uni est associée au développement des projets EPR, à commencer par deux réacteurs sur le site d’Hinkley Point C (HPC), puis deux autres sur Sizewell C.

Les codes suivants de l’AFCEN ont été retenus par le futur exploitant NNB (Nuclear New Build) pour la conception et la construction des réacteurs du site HPC et, du fait de la reconduction des choix HPC, de Sizewell C :

  • RCC-M édition 2007 + modificatifs 2008-2009-2010,
  • RCC-E édition 2012,
  • ETC-C édition 2010,
  • RCC-C édition 2005.
    Pour la surveillance des matériels mécaniques en exploitation, NNB a pris la décision de s’appuyer sur le code RSE-M, édition 2010 moyennant l’adaptation aux spécificités du contexte et de l’exploitation au Royaume Uni.

Pour les règles de protection contre l’incendie, le projet se base sur des dispositions propres à EDF et à l’EPR (version UK ETC-F révision G de 2007), qui ont fait l’objet d’une intégration ultérieure aux collections de l’AFCEN (ETC-F, Edition 2010).

Un projet de réacteur de technologie chinoise UK HUALONG démarre sa phase de certification au Royaume Uni (Bradwell B). La conception de ce réacteur est essentiellement basée sur un réacteur actuellement en construction en Chine, qui s’appuie sur les codes AFCEN (Fangchenggang 3).

Finlande

Pour le projet Olkiluoto 3 en Finlande, les équipements mécaniques des classes de sûreté les plus élevées (classe 1 et 2) sont conçus et fabriqués selon l’un des trois codes nucléaires, RCC-M, ASME Section III et KTA (German Nuclear Safety Standards). Le code RCC-M a été choisi comme code de référence pour la conception et la fabrication des principaux équipements mécaniques comme la cuve, le pressuriseur, les générateurs de vapeur, les branches primaires, les vannes de décharge et les vannes accident grave.

Afrique du Sud et Corée du Sud

Les premiers codes AFCEN ont été rédigés dans les années 1980 pour l’export sur la base du REX du palier REP 900 MWe CP1 en France.

La première construction 900 MWe CP1 à l’export a été réalisée à Koeberg en Afrique du Sud puis à Ulchin en Corée du Sud. Le code RCC-M a été utilisé en Afrique du Sud et en Corée pour les domaines mécaniques. Dans le domaine du génie civil, le code RCC-G (prédécesseur du RCC-CW), édition 1980, a été appliqué en particulier pour l’épreuve enceinte à la réception.